Ce qui caractérise le neuf, c'est sa place finale en bout de nombre ou autrement dit la fin "d'une ombre". N'est-ce pas ce que veut suggérer L'Hermite qui perce les ténèbres avec sa lanterne, ou La Lune dont la forme sphérique évoque une nuit de pleine lune, une nuit éclairée. Une lumière dans la nuit, voilà ce qu'apporte le neuf dans le Tarot. D'ailleurs si la lune symbolise sans conteste l'obscurité, n'oublions pas que L'Hermite est une référence "au culte" et "occulte". Son occultisme est tel qu'il se doit de l'éclairer, comme la lune occulte les ténèbres.
L'idée de fin se voit autrement en dessins. Le bâton couleur chair que tient L'Hermite est souvent identifié à une colonne vertébrale ou à une queue d'animal. Avec une queue en "la main", on comprend mieux que le neuf est la queue en "lame un", la fin du chemin entamé avec le premier nombre. Sur La Lune aussi, l'être (les animaux couleur chair) nous montre sa queue, nous montre une fin en soi. Le poids du temps n'est pas oublié avec ces deux lames. Nous savons que La Lune, c'est la nuit des temps ou la nuit d'étang (voir l'approche complémentaire) et que L'Hermite à "l'air mité" et "l'allant terne" sous ses traits âgés. Le neuf n'apparaît qu'au bout d'une longue route, celle "du nombre" dont les "se crée" ont été mis en lumière.
Ces secrets passent par une assimilation des mots, et les deux lames le confirment par une nouvelle association flagrante entre "l'eau" et "l'haut". En effet, L'Hermite est le personnage du Tarot qui a la main au plus haut. Il a la "haute main" sur le jeu et cela s'éclaire directement par sa lanterne, objet porté. Quant à La Lune, outre une lumière du haut, elle nous exhibe bassin et goutelettes, particules et surfaces "d'eau". Elle marque d'ailleurs une fin à la vision de l'eau au sol, puisqu'après cet arcane nous n'en verrons plus dans le Tarot.
|