Deux lames sont dites complémentaires lorsque la somme de leur nombre fait 22. On entrevoit alors tout l'intérêt de la démarche, car chaque paire ainsi obtenue renvoie au Tarot majeur dans son ensemble (composé de 22 arcanes) ! Deux lames qui, ensemble, suggèrent un autre ensemble, voilà une logique qui nous autorise à prendre ces regroupements comme significatifs quant au savoir général du Tarot !
Par ailleurs, cette démarche va aussi nous permettre d'appréhender tout l'extraordinaire présent dans le Tarot... par une paire extraordinaire ! En effet, si au départ les choses paraissent simples, que faire du onzième arcane, La Force, qui ne peut s'additionner qu'à lui-même pour être complémentaire (11+11 = 22)?
De même, comment unir Le Mat par une somme en nombre, alors que ce dernier possède la particularité de ne pas avoir de numéro ? Traditionnellement, il lui est attribué la valeur 0 ou 22. Nous sommes donc dans un même cas de figure qu'avec La Force. Seule une addition du Mat avec lui-même (0+22 = 22) lui permettrait une certaine complémentarité.
C'est cette unicité singulière du moyen (La Force : 11, la moitié de 22) comme de l'extrême (Le Mat numéroté 0 ou 22) qui nous a fait unir ces deux lames dans une dernière paire. Si le Tarot possède et traduit un ordre, nul doute, qu'il laisse ainsi une part certaine à l'exception en finalité (La Force conclut la première moitié du Tarot et Le Mat conclut la deuxième). Pas de déterminisme irrévocable à avoir, donc, dans la lecture des lames ! Le Tarot, dans son organisation, laisse des portes ouvertes quant aux vraies fins du jeu !
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