Les 21 arcanes majeurs numérotés se divisent en 3 cycles de 7 : I-VII, VIII-XIIII, XV-XXI. Avec la Justice, c'est donc un nouveau cycle qui commence. Le précédent était initité par le Bateleur qui nous démontrait l'Image dans L'I-mage, avec "la magie" en annagramme. La Justice semble faire de même, car le Tarot innove en nous présentant pour la première fois une allégorie. Autrement dit, la magie dans l'image, s'est incarnée ("allégorie : personnification d'une idée abstraite", Petit Robert) et ne se cache plus en devenant image d'une image.
Autre innovation du Tarot, la Justice est aussi le premier regard de face. Le jeu nous avait déjà présenté plusieurs points de vue originaux : de dos (le Pape) ou vers le bas (ange de l'Amovrevx), mais jamais les "dessins" ne nous avaient si directement fixés. Cette représentation du Droit nous regarde "droit dans les yeux". Plus exactement, elle regarde l'être du Chariot, "lettre unique", car elle aussi voit toutes les lettres en son nom différentes (particularité qui ne sera reprise que par "La Force" et "Le Mat").
Quant au regard de face, on le retrouve dans les deux autres arcanes "judiciaires" du Tarot : Le Jugement (le moyen) et Le Pendu (la peine). La Justice nous signifie ainsi la présence d'un regard. Ce dernier n'est pas à prendre à la légère. Avec son épée, la Justice se pose en défenseur de l'ordre et, si elle défend, elle interdit. Les conséquences d'une infraction à ces interdits vont quasiment jusqu'au bout "du nombre" (XX, Le Jugement), et ses résultats (XII, Le Pendu) peuvent se voir avant même la fin attendue (du Jugement).
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