Pour comprendre les 22 arcanes majeurs, véritable découpage du jeu, allons voir "l'As des coupe" pour comprendre comme le jeu "là, se découpe". Pourquoi cette lame serait-elle éclairante sur la structure du jeu alors qu'elle n'est même pas majeure ? D'abord parce que c'est un As, donc un commencement, ensuite parce que cette illustration mérite notre attention. En effet, curieuse coupe que nous propose le Tarot pour abreuver notre soif de savoir, ouvrir notre entendement au "ça voir". En guise de coupe, nous voici en fait avec un castel, c'est-à-dire une maison, une demeure. Les seules autres constructions de ce genre, visibles dans le Tarot, sont les tours de la Lune (XVIII) et celle de la Maison Diev (XVI). Nous sommes bien avec cette carte dans la demeure initiale, la maison première du Tarot.
Ce château en cartes semble bien illustrer un château de cartes, une œuvre de construction et d'équilibres. Le Tarot se présente alors comme un instantané pris sur le vif, un moment où les cartes s'harmonisent pour défier la gravité et élever les limites de l'impossible. Cette bâtisse finement ciselée et "coupée" du sol, que des ailes propulsent au-delà d'un soleil couchant, c'est aussi un véritable bâtiment stellaire, un départ pour le cosmique.
Prenons ce vaisseau hors du commun pour plonger dans les logiques magiques du Tarot. Nous allons voir en effet comment la vision du nombre, de lettres et des dessins, s'organisent dans une implacable alchimie pour nous faire entendre "la vision d'une ombre, la lecture de l'être, et les desseins à voir entre les deux". Le jeu ne pourra alors plus que nous paraître comme le plus merveilleux des châteaux de cartes.
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